L'Energie en Guyane
L’énergie est généralement abordée, de manière « intuitive », comme cette capacité qui est offerte à tous, pour produire du froid, se déplacer ou éclairer un lieu de vie. Or, cette perception simplifiée nous fait souvent oublier que l'énergie résulte de processus complexes, réglementaires, techniques et financiers, où plusieurs acteurs sont concernés.
Ainsi, l’énergie qui est utilisée tous les jours, pour le transport ou la production d’électricité, est obtenue :
-
Majoritairement, par la combustion de carburants ou de combustibles (pétrole, essence, gazole, gaz, charbon, bois) dits fossiles :
Ces modes de production posent 2 problèmes de fond :- l’impact sur l’environnement (émission de Gaz à Effet de Serre)
- la dépendance énergétique des territoires y faisant appel
- Et de façon encore marginale, par l'utilisation de forces naturelles comme le vent, l'eau, le soleil ou la biomasse, appelées Energies Renouvelables.
En Guyane, la demande en énergie est satisfaite à plus de 70% par des importations d’hydrocarbures. Avec une croissance démographique de près de 4%/an et des besoins de plus en plus énergétivores, cette demande en énergie augmente de 2 à 3% par an.
Par ailleurs, de forts déséquilibres pour accéder à l’énergie persistent encore. Au-delà de la problématique d’accès aux services de base de façon équitable pour l’ensemble de la population, ils ont une incidence accrue sur l’économie et l’aménagement du territoire.
Il faut donc bien se rendre compte que les orientations politiques et les investissements effectués dans le domaine de l’Energie ont une incidence sur l’organisation aussi bien économique, sociale qu’environnementale d’un territoire.
C’est en ce sens que la Région décline la stratégie volontariste qu’elle souhaite mener, au travers :
Le Plan Energétique Régional (PER) et bientôt le Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE)
Conformément aux missions confiées par l’article 50 de la LOOM (élaboration d’un PER) et aux objectifs annoncés par les Grenelles (évolution du PER vers un SRCAE), il est légitime aujourd’hui que la collectivité régionale se réapproprie la problématique énergétique. Elle doit donner la marche à suivre, aux différents acteurs institutionnels et privés, pour un pilotage cohérent et une meilleure lisibilité des actions menées dans le domaine de l’énergie.
Envisager la conduite d’une politique énergétique respectueuse des spécificités de la Guyane et de la réglementation, suppose aussi d’assurer une certaine dynamique de la filière.
Le volet territorial de la politique climatique proposé par le projet de loi portant engagement national pour l’environnement (Grenelle II) repose notamment :
- sur la mise en place de schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie (SRCAE) qui assureront la cohérence territoriale des actions menées par les collectivités territoriales dans les domaines du climat et de l’énergie, et qui articuleront les objectifs territoriaux aux objectifs nationaux.
- sur les plans climat territoriaux qui seront rendus obligatoires pour toutes les collectivités territoriales de plus de 50 000 habitants.
Les SRCAE définiront à l’horizon 2020 et 2050 les orientations régionales en termes de maîtrise de la demande énergétique, de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de qualité de l’air. Ils définiront également des objectifs de valorisation du potentiel énergétique terrestre, renouvelable et de récupération par zones géographiques.
Le Programme Régional pour la Maitrise de l’Energie
Le Programme Régional pour la Maîtrise de l'Energie (PRME) relève d’une volonté commune de l’ETAT, la REGION, le DEPARTEMENT, l’ADEME et EDF, de s’inscrire dans une démarche partenariale, au service des acteurs du territoire, œuvrant à la promotion des énergies renouvelables, l’utilisation rationnelle de l’énergie et l’impact des différentes filières sur l’environnement.
Modalités d’intervention
Les modalités d'intervention du PRME s'inscrivent dans une perspective de développement durable de la Guyane et doivent permettre, dans le contexte spécifique de la Guyane :
- la promotion des Energies Renouvelables (EnR) (photovoltaïque, solaire thermique, micro-hydraulique, éolien, biomasse...) et des sources d'énergie alternatives aux hydrocarbures.
L’objectif ici est de valoriser les atouts de la région en matière d’EnR et de participer à l'électrification rurale des zones enclavées.
- la promotion de l'Utilisation Rationnelle de l'Energie (URE) dans les usages domestiques et productifs (Industrie, Tertiaire, Agriculture...) et le renforcement de l'efficacité énergétique.
Il s’agit de développer URE dans un contexte de forte croissance des consommations d’énergie, en particulier pour les constructions nouvelles et le rattrapage de niveau d'équipement sur l'intérieur.
- la prise en compte de l'impact des filières énergétiques sur l'environnement.
- la planification territoriale des actions de Maîtrise de la Demande d'Electricité et de production décentralisée d'énergie et le développement de l’activité économique.
Ressources financières
Les fonds proviennent en majorité:
- des ressources propres des partenaires (ADEME, EDF, REGION, DEPARTEMENT).
- des crédits européens
Bénéficiaires
Tous les secteurs économiques peuvent être concernés, à des degrés divers, par la mise en œuvre de l'intervention du PRME, qu'il s'agisse de l'Industrie, de l'Agriculture, du Tertiaire, de l'Habitat et des services publics.
En conséquence, de nombreux acteurs économiques sont susceptibles de bénéficier des modalités d'intervention prévues à cet effet, avec en priorité :
- les entreprises, notamment PME-PMI,
- les collectivités et autres organismes publics ou parapublics, bailleurs sociaux, associations,
- le grand public, etc.
Les modalités d'instruction et d’attribution s'inscrivent dans le respect des règles et procédures en vigueur chez les différents partenaires du P.R.M.E.
Le soutien technique et financier de l’observatoire Régional de l’Energie et du Développement Durable
Le 21 février 2008, les partenaires du Programme Régional pour la Maîtrise de l’Energie (PRME) se sont réunis en assemblée générale constitutive pour procéder à la création juridique de l’Observatoire Régional de l’Energie et du Développement Durable (OREDD).
Association régie par la loi 1901, l’OREDD est un outil de veille stratégique, acteur central de l'information ayant trait à l’énergie et au développement durable, en Guyane.
Il a pour but de promouvoir et d’accompagner les initiatives locales et d’apporter aux acteurs territoriaux les données nécessaires à leur prise de décision.
C’est aussi un outil de conseil et de sensibilisation pour tous, sur les questions de l’énergie et du développement durable, conformément aux préconisations définies dans le Plan Energétique Régional.
Le suivi et l’accompagnement des initiatives privées dans le domaine des énergies renouvelables
Signature d'une convention de partenariat avec le Groupement des Entreprises en Energies Renouvelables de Guyane (GENERG)
La Région souhaite accompagner les porteurs de projets afin d’apporter, chaque fois que cela sera possible, des solutions aux difficultés qui se posent. L’objectif est de permettre, par une politique régionale volontaire, le développement effectif des équipements énergétiques structurants dont la Guyane a besoin, et qui ne peuvent dépendre que de négociations privées.
C’est en ce sens qu’une convention de partenariat sera signée avec le GENERG .
Lancement d'un appel à projet pilote de production d'huile végétale pure (HVP) comme biocarburant
La Région Guyane souhaite lancer un appel à projet (AAP), dont les fonds permettraient d’accompagner sur les plans agricole, industriel et administratif, 6 programmes d’installation d’unités pilotes de production d’huile végétale pure.
L’AAP s’articulera en 2 phases :
- Etude de faisabilité des projets retenus
- Mise en route opérationnelle des sites pilotes
Par ce biais, il devrait permettre la mise en place d’un dispositif technique et financier qui devra faciliter l’implantation de sites de production et contribuer ainsi à l’émergence effective d’une filière huile en Guyane. Cette dernière doit permettre la sécurisation et l’amélioration de l’approvisionnement en énergie sur le territoire, et particulièrement dans les sites isolés. A terme, la stratégie mise en œuvre devra conduire à une diversification des sources d’approvisionnement, pour trouver une alternative durable à l’utilisation de carburant fossile.
Le développement d’offres de formation sur les énergies notamment par l’implantation d’un plateau technique sur les énergies solaires au CFA

Dans l’optique de pouvoir accompagner le développement des compétences dans le secteur émergeant des énergies solaires en Guyane, les services de la collectivité régionale ont travaillé en 2009 en dialogue avec les ingénieurs de l’ADEME ainsi que des experts professionnels membres du GENERG afin de cerner les besoins de formation et préfigurer les équipements pédagogiques qui seraient nécessaires.
La montée en puissance des installations solaires en Guyane est en effet en corrélation avec plusieurs occurrences :
- La règlementation thermique DOM qui prévoit le recours au chauffe-eau solaire
- La diversification des sources d’énergie avec l’objectif ambitieux d’atteindre 50% de la production énergétique provenant de sources renouvelables en 2020
- La recherche de solutions pour alimenter les sites isolés
Ainsi, il a pu être dégagé 3 axes de formation correspondants aux besoins. Il s’agit de permettre :
- aux professionnels du secteur de pouvoir obtenir sur place les certifications qui leur sont nécessaires
- aux jeunes qui se qualifient (ou sont déjà qualifiés) dans le second œuvre du bâtiment (plomberie & électricité) de pouvoir acquérir cette spécialisation supplémentaire
- à des agents techniques communaux et/ou à des porteurs de projets de se former à la maintenance des installations en site isolés
En outre, Monsieur DUCOLOMBIER, du bureau d’études ALTER a pu également décliner un pré-descriptif et pré-chiffrage des équipements nécessaires à la réalisation d’un plateau technique adéquat pour la mise en œuvre des formations.
Et, en dialogue avec l’ADEME, une possibilité de cofinancement à 50% des investissements relatifs à ce projet a pu être confirmé dans le cadre du Programme PRAXIS, initié à la suite du Grenelle de l’Environnement.
Enfin, La Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMAG) a accepté le portage de ce projet. Ce qui permettra :
- Une implantation du plateau technique dans les locaux du CFA
- La possibilité pour la CMAG d’organiser des sessions de formation à l’attention de ses ressortissants ou de ceux de la CCIG pour l’obtention des certifications QualiSol, QualiPV, Modul ELEC et Module BAT
- La possibilité pour les apprentis des sections plomberie et électricité d’acquérir les techniques concernant la pose et la maintenance de chauffe-eaux solaires (CESI), l’installation et la maintenance des systèmes photovoltaïques raccordés au réseau et l’installation et la maintenance des systèmes photovoltaïques en site isolé
- Et également la gestion de cet équipement pour sa mise à disposition d’autres opérateurs de formation
La démonstration : collectivité exemplaire

Compte tenu des charges que représentent les consommations électriques des établissements, et au vu de la politique volontariste souhaitée et annoncée dans le Plan Energétique Régional, la Région a lancé, dans le courant de l’année 2009, 5 pré-diagnostics énergétiques :
pour la Cité Administrative Régionale
pour 4 lycées : Félix Eboué, Léon Gontran Damas, Matiti, Saint-Laurent II
L’objectif de ces études est de fournir à la collectivité, des éléments d’aide à la décision, dans la perspective d’aménagements ou de travaux à mettre en œuvre, pour diminuer la consommation énergétique de son patrimoine, conformément à l’article 5 du chapitre I de la loi Grenelle 1.
« I. – Tous les bâtiments de l’État et de ses établissements publics seront soumis à un audit d’ici à 2010. L’objectif est, à partir du diagnostic ainsi établi, d’engager leur rénovation d’ici à 2012 avec traitement de leurs surfaces les moins économes en énergie. Cette rénovation aura pour objectif de réduire d’au moins 40 % les consommations d’énergie et d’au moins 50 % les émissions de gaz à effet de serre de ces bâtiments dans un délai de huit ans. »
Extrait de la « Loi Grenelle 1 », chapitre I, article 5
Les prestations ont été effectuées, en relation avec les services environnement et technique de la Région, selon la démarche suivante :
Collecte préalable de renseignements (équipements, factures, projets d’extension, etc.)
- Visite et investigations
- Rapport d'étude
- Présentation des résultats
Ainsi, pour chaque bâtiment, un rapport de présentation a été établi pour proposer les améliorations à mettre en œuvre, de façon chiffrée et hiérarchisée, selon les besoins, sur les thèmes suivants :
- Les protections solaires
- La climatisation
- L’éclairage
- Les usages électriques divers
- La faisabilité d’une installation photovoltaïque raccordée au réseau
Les investissements préconisés dans ces rapports seront mis en œuvre par phases, à compter de 2011.
De nouvelles aides à l’habitat
Conditionnées à l’application des principes de l’architecture bioclimatique.








