Habilitation à la navigation fluviale
Pour un respect du savoir-faire des canotiers guyanais

Le Président de Région, Rodolphe ALEXANDRE, rencontrait, ce mardi 23 novembre, les canotiers de la Charbonnière, à Saint-Laurent du Maroni, pour une réunion d’information publique relative à la mise en place prévue d’une habilitation à la navigation fluviale. Cette rencontre, sollicitée par les canotiers, étaient l’occasion pour eux d’exprimer leurs inquiétudes et leurs doléances face à ce projet. L’objectif du Président était donc simple : les écouter, et les assurer de son soutien face aux enjeux de cette nouvelle réglementation.
Si la perspective d’une immatriculation de toutes les embarcations fait l’unanimité, de même que l’obligation d’un contrôle technique régulier pour tous les canots et leur moteur, la principale crainte concernait les modalités d’adaptation du permis national de navigation fluviale aux contraintes locales. En effet, compte tenu des spécificités de nos fleuves, et en particulier du franchissement des sauts ; et compte tenu du fait que les techniques de navigation sur les fleuves sont un savoir ancestral, qui se transmet de génération en génération, les canotiers s’inquiétaient de la légitimité de l’évaluation à laquelle ils devront vraisemblablement être soumis. S’ils en admettent la nécessité, afin d’assainir une activité soumise à la concurrence déloyale des clandestins et des propriétaires d’embarcations parfois défaillantes, ils s’interrogent par contre sur la compétence et la crédibilité de leur examinateur, dont ils estiment qu’il devra lui-même être originaire du fleuve, ou du moins en avoir une bonne connaissance.
Une autre inquiétude portait sur la maîtrise parfois approximative de la langue française des populations plus particulièrement visées par cette réglementation, à savoir les Noirs-marron et les Amérindiens, qui se trouveraient, de fait, pénalisés au moment de passer un éventuel examen théorique. Par ailleurs, les canotiers présents ont insisté sur la nécessité pour eux de bénéficier d’une habilitation unique à naviguer sur les fleuves, qui leur permette non seulement de les traverser pour se rendre sur la rive opposée (surinamienne ou brésilienne), mais aussi de les remonter à leur convenance et de franchir les sauts.
Après un long et fructueux échange, le Président les a rassurés en leur garantissant qu’il ferait remonter leurs doléances auprès du Préfet de Région, afin que celles-ci soient prises en compte dans le cadre de l’instauration de cette nouvelle réglementation ; et que les principes intangibles destinés à garantir la pérennité de l’activité de navigation fluviale sur tous les fleuves de Guyane puissent être préservés, dans le respect de la sécurité des usagers.








