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Evénement

 
Exposition ART TEMBE à l'ENCRE

Les fouilles archéologiques sur la liaison St-Laurent/Apatou

Etat du diagnostic précédant les  fouilles

 (Source INRAP)


L’opération de diagnostic archéologique s’est  déroulée dans le cadre du projet routier qui doit relier Saint Laurent du Maroni et Apatou.

La prospection archéologique a débuté depuis la route de Saint-Jean jusqu’au Saut Hermina.
Cette étude s’est déroulée en deux étapes avec une prospection pédestre pour localiser les sites archéologiques, suivie d’une campagne de sondages mécaniques afin de déterminer le potentiel enfoui.


RÉSULTATS
Au total, cette campagne de sondages-ramassage de surface a confirmé la présence de douze indices de sites et cinq sites majeurs (Site 01, Site 03, Site 09, Site 14 et Site 16).
Parmi ceux-ci, seuls quatre sites ont été retenus par le service régional de l’archéologie et ont fait l’objet d’arrêtés préfectoraux de fouilles.

 

Le site 01 (plateau des Mines) culmine à plus de 50 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les sondages ont révélés 461 objets essentiellement en quartz.
Plusieurs hypothèses sont envisageables dont celle de foyers pour chauffer et mieux préparer la matière première en vue d’acquérir une réelle amélioration de la qualité des matériaux et donc un meilleur débitage.
Le nombre élevé de percuteurs, d’éclats et de nucléus prouve que l’on se trouve sur un site de débitage. Les sites de ce type sont rares en Guyane car difficiles à repérer.

L’absence de céramique, le niveau d’apparition des objets à un mètre sous la surface, les structures ou encore la dispersion spatiale des quartz sont des données nouvelles pour l’archéologie régionale.

Les hypothèses d’un atelier de débitage exclusif ou d’une occupation pré céramique peuvent être formulées. L’obtention de datations par Carbone 14 devient une priorité pour tenter de caler cette occupation dans un cadre chronologique.

 

Le site 03 ( Saut Saillat-rive gauche) est une occupation diachronique : des tessons amérindiens, des polissoirs et des vestiges modernes ou coloniaux coexistent.


Lors de la prospection pédestre, des vestiges datant du début du XXe siècle ont été ramassés en surface en faible quantité sur une vingtaine de mètres carrés.


Le site archéologique 03 localisé sur la berge gauche de la rivière Serpent à Saut Saillat présente les caractéristiques d’un habitat de plein air amérindien.
Situé idéalement près d’un saut, l’occupation semble s’implanter légèrement en retrait de la crique.

 

Le site archéologique 09 localisé sur la berge droite de la crique  Sparouine présente les caractéristiques d’un site d’habitat de hauteur. La présence de quartz débité ou de morceaux de platines laisse penser que le plateau a été occupé par des populations amérindiennes dans un laps de temps encore indéterminé.


Les critères qui ont amenés des groupes humains à privilégier l’habitat de hauteur sont encore bien méconnus. Aucun prélèvement de charbon de bois n’a été réalisé.
Les tessons trouvés dans le sondage manuel ou lors du ramassage de surface sur le plateau, démontre un fort potentiel enfoui.

 

Le site 14 présente le cas d’une occupation amérindienne pouvant appartenir au complexe Koriabo. Le site 14 peut fournir de nouvelles données pour mieux comprendre l’installation et la diffusion de ce complexe en Guyane française avec des datations au Carbone 14.


L’étude du mobilier céramique permettrait ou non, de faire ressortir des spécificités régionales à l’intérieur de ce grand groupe culturel.


En conclusion, l’acquisition de nouvelles données sur un site Koriabo* est à même d’intéresser l’archéologie de l’ensemble du plateau des Guyanes.

 

*Koriabo : Le complexe Koriabo ou Horizon Koriabo est un ensemble culturel archéologique qui s’est développé en Amazonie septentrionale entre le Xe et le XIVe siècle de notre ère.
Son aire d’influence s’étend essentiellement de la Guyana, où il a été mis au jour pour la première fois dans les années 1960, à la Guyane française, mais l’on retrouve quelques indices de son expansion au Brésil.
Il est caractérisé par une production céramique singulière, qui se traduit par des formes dites « thoriques », des décorations géométriques circulaires gravées ou raclées, ainsi que des éléments de figurations anthropomorphes ou zoomorphes.