Actualité du 18-09-2010
Exposition : La Bible, Patrimoine de l'Humanité
Texte incontournable que la bible y compris pour les non-croyants, y compris pour les non-chrétiens.
En effet, il peut sembler extraordinaire qu’un livre soit parvenue à une telle audience et qu’il ait modifié, de ce fait, le cours d’une grande partie de l’humanité.
Il est indéniable qu’il ne s’agit pas d’un livre comme les autres, qu’il ne s’agit pas d’un récit comme les autres, qu’il ne s’agit pas d’une écriture comme les autres.
Dictée de Dieu pourrait-on dire. Témoignage sacré. Texte fondateur non seulement d’une religion mais encore d’une civilisation dont les valeurs essentielles en sont issues.
C’est en ce sens que la bible nous interpelle comme patrimoine de l’humanité. C’est-à-dire comme héritage, comme source d’un dialogue avec le divin, comme manifestation de la condition humaine.
Au sens premier, il est la parole du Père. Celle qui nous fait obligation en proposant des lois, des codes, des commandements. Celle qui fait sens en nous livrant une histoire qui se veut histoire de la création et histoire de la terminaison. Je veux dire une traversée transcendantale douée d’une intention, d’un projet, d’une direction.
Parole voilée qui nous impose l’acte d’un dévoilement autrement dit d’une herméneutique et mieux encore d’une lecture signifiante.
Car, qu’est-ce que lire la bible sinon déchiffrer l’indéchiffrable, sinon voir l’invisible, sinon interpréter l’obscur ? C’est-à-dire, dans un même et seul mouvement, se mettre à distance et cultiver la proximité pour finalement se fondre dans un acte de foi qui dépasse, et de loin, l’entendement humain. Mouvement ascensionnel, mouvement spirituel, mouvement civilisationnel. Mais mouvement solidement installé au cœur du réel et de l’histoire en vue de relier les hommes dans une logique bienfaisante et bien pensante.
La bible se présente donc comme une réponse à nos interrogations de mortel et surtout de vivant mortel. C’est me dira t-on la vocation de tout grand texte religieux et j’en conviens.
Toutefois, il est important de souligner combien ce texte a bouleversé l’humanité par ses origines, ses valeurs, son impact, son esthétique et sa prophétie. Ceci de l’Ancien Testament au Nouveau Testament.
Les livres de la Bible ont été rédigés dans le Proche-Orient asiatique entre la fin du 2ème millénaire et le 1er millénaire avant notre ère. L’archéologie nous fait clairement comprendre qu’il y a une relation étroite entre la Bible et des cultures proche-orientales. Il n’est que d’évoquer les ruines de Ninive et de Khorsabad, le code d’Hammourabi découvert en 1901, la tablette de Gézer, les manuscrits de la mer Morte, etc.…etc...
Si je rappelle ces quelques éléments de mon maigre savoir, c’est pour mettre en évidence que, d’emblée nous sommes plongés en Mésopotamie, en Egypte, en Palestine, en Israël, en Assyrie ; dans ce que j’appelle une géographie des carrefours étendue à la Phénicie, à l’Arabie, à la Libye, à l’Ethiopie. En attestent d’ailleurs la Table des peuples (Génèse 10) ou 1, Rois 10.
Je veux en venir au fait que par sa géographie la Bible a brassé des récits, des traditions, des croyances de nombreuses civilisations, ce qui fait sa richesse et son intérêt patrimonial.
Outre cela, il faut reconnaître que son expansion dans le monde moderne, largement aidé il est vrai par les phénomènes de colonisation, va concerner une grande partie de l’humanité en Afrique, aux Amériques et ailleurs. Nous sommes donc confrontés à une amplitude qui, à elle seule, justifie le titre de « patrimoine de l’humanité ».
La géographie ne doit pas nous faire oublier l’histoire et notamment l’histoire des idées ou pour certains l’histoire des idéologies. Sans négliger l’épineuse question des guerres de religions, il me semble évident d’en venir au discours de la Bible.
Point n’est besoin de démontrer qu’il s’agit, dans le contexte de son apparition d’un message révolutionnaire quoique savamment et patiemment construit sur des « bribes » antérieures. Le monothéisme, les valeurs morales, les exigences de justice sociale, entre autres, sont des pensées révolutionnaires en particulier dans le Nouveau Testament où triomphe la figure édifiante de Jésus Christ. Parce que révolutionnaire, ce discours va transformer les imaginaires, modifier les représentations, poser de manière nouvelle la question de la destinée humaine. De là, malgré bien des persécutions, son triomphe à Rome.
La face du monde, notamment européen, a bel et bien changé avec de surcroit des conséquences importantes sur les relations entre les états.
Une des dimensions qui, à mes yeux, demeure majeure, c’est la dimension esthétique.
Dimension esthétique à l’intérieur de la Bible, elle-même et dimension esthétique comme une projection de la Bible.
J’ai parlé de récit, au début. Un récit renvoie à une architecture de la narration, à une poétique, à une esthétique du dire et de la langue. La Genèse, la sortie d’Egypte, le combat de Moïse, la geste de Jésus Christ, le Cantique des cantiques, l’Apocalypse sont, par exemple, des mises en scènes émouvantes, prégnantes, bouleversantes qui doivent leur force à un style qu’il faut bien qualifier de biblique.
Le prophétisme, les paraboles, les psaumes, tout, malgré différents intervenants, différentes époques, différentes intentions, tout concourt à faire de la Bible un chef d’œuvre littéraire. Un patrimoine exceptionnel !
L’on comprend aisément que la littérature s’en soit emparée de manière récurrente. De nombreux titres de romans en témoignent. Le roman lui-même ouvre la voie aux films. Nous sommes, êtres humains, toujours suspendus entre damnation et salut !
Il faut cependant louer Dieu, rendre grâce à Dieu. Ce sont les chants. C’est la musique. C’est l’architecture des cathédrales et des églises. C’est la peinture. Tout un patrimoine quasiment sorti des pages de la Bible et inspiré par la Bible !
Une Bible qui mérite bien son titre de « patrimoine de l’humanité ».
Je conclurai en disant : Bible faiseur d’humanité. Bible berceau d’un humanisme. Bible, humanité faite texte ! Dieu descendu vers les hommes et les hommes s’élevant à la conscience divine.
Le Président du Conseil Régional
Rodolphe ALEXANDRE








